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La Plume de Merle

Ca fait des semaines, des mois, des années que j'en crève Ca y est je me lâche, j'y fonce droit et je cède ; Et même si personne n'apprécie, Et même si ce que j'écris est pourri, Je me lance pour de bon, Plus peur des remarques et des affronts ; Je tremble un peu certes De m'jeter dans cette gueule grande ouverte, Mais je suis tellement embêtée De devoir trouver un nouveau cliché De ma face illuminer d'un sourire Comme prétexte pour publier ce qui m'fait guérir ; Je m'enchante de donner vie à ce blog Qui me hante comme une envie de drogue, Mes poèmes et chansons sont ici pour vous Dégustez, recrachez ou gardez-en un bout ; Comme on dit par coutume, je vous laisse quartier libre Je retourne à ma plume, reprendre mon équilibre ; Enfin quand les mots sous la mine déferlent C'est sous le pseudo - acronyme : Merle.

Les arcanes de l'agriculture

Publié le 3 Novembre 2016 par Merle in agriculture, société, colère, souffrance, avenir, interrogation, angoisse, inquiétude

Les arcanes de l'agriculture

En France on parle quelquefois de l’agriculture, mais on n’y pense jamais.

Alphonse Karr

L'agriculture ne sert plus à nourrir les populations, mais à produire des devises.

Robert Linhart

Le paysan meurt de faim et son maître de gourmandise.

Proverbe polonais

La nuit règne encore

Mais déjà, il est dehors.

Malgré le froid, la pluie

Il a déjà quitté son lit.

Elles l'attendent, ses bêtes

Elles écoutent, elles le guettent.

 

Début d'une longue journée

Qui s'achèvera bien tourmentée.

Mais si seulement ce n'était que le soir

Que se manifestait le désespoir :

Il est là dès le matin

Et tout le jour il le tient.

La nuit, malgré le peu de sommeil

L'insomnie le tient en éveil.

 

Alors oui, il les aime ses vaches,

Mais au-dessus de sa tête, y a comme une hache.

Une épée de Damoclès

Qui l'inquiète, le met en pièce.

Il l'aime son travail

Mais c'est lui qui devient bétail.

Les industries le persécutent

Le poussant chaque jour vers la chute :

L'esclavageant, lui donnant les miettes

De tous ces mets dans leurs assiettes.

 

Payé à coup de lance pierre,

Multipliant les vaines prières,

Combien de temps gardera-t-il la face ?

Restera-t-il à la surface

Alors qu'on le maintient sous l'eau ?

Il croule sous les dettes et le boulot :

A peine de quoi sortir un salaire

Et encore une paie de misère.

Normes, taxes,

On lui marche sur le thorax.

29 centimes le litre de lait,

On remue le couteau dans la plaie.

 

Puis un matin, les vaches attendent

Après le bruit sourd qu'elles viennent d'entendre.

Plus de dettes, plus de soucis ?

Surtout plus d'angoisse, et plus de vie.

 

Le 03 novembre 2016

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